La France et la Pologne vont développer conjointement un satellite de télécommunications destiné aux forces armées polonaises, ont annoncé les entreprises concernées lundi, alors que Paris
et Varsovie renforcent leurs liens économiques et de défense.
Thales Alenia Space, Airbus Defence and Space et la société polonaise RADMOR développeront ensemble un satellite en orbite géostationnaire, qui assurera les communications militaires des forces armées polonaises.
La valeur du contrat, annoncée lors de la rencontre entre le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre polonais Donald Tusk à Gdańsk lundi, n’a pas été divulguée.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre du plan européen de défense « Readiness » de la Commission européenne, visant à préparer le continent à assurer sa propre sécurité d’ici 2030, selon les entreprises.
L’Europe cherche de plus en plus à développer des services satellitaires indépendants afin de réduire sa dépendance à des acteurs étrangers, notamment Starlink, dans un contexte d’inquiétudes liées à l’imprévisibilité politique de son propriétaire, le milliardaire Elon Musk.
Contrairement aux satellites en orbite basse de Starlink, un satellite géostationnaire reste fixe au-dessus d’une région située à plus de 30 000 km de la Terre, offrant une couverture étendue mais avec des vitesses de transmission plus lentes.
LA DISSUASION NUCLÉAIRE AU CŒUR DES DISCUSSIONS
Emmanuel Macron et Donald Tusk, deux des dirigeants les plus pro-européens de l’Union européenne, ont également abordé la dissuasion nucléaire, l’énergie et l’initiative européenne SAFE (Security Action for Europe) d’un montant de 150 milliards d’euros lors du sommet de Gdańsk.
La France et la Pologne, qui affiche le niveau de dépenses militaires le plus élevé de l’OTAN en pourcentage du PIB, ont signé l’an dernier un traité de coopération incluant une clause d’assistance mutuelle et un engagement à renforcer leurs liens militaires et technologiques.
En mars, Emmanuel Macron a déclaré que la France, seule puissance nucléaire de l’Union européenne, entendait renforcer sa capacité de dissuasion et approfondir sa coopération avec ses partenaires européens.
« Dans les prochains mois, et en parallèle de ce rapprochement dans le domaine de la dissuasion nucléaire, nous voulons aussi renforcer notre coopération stratégique », a déclaré Macron lundi.
« Il est logique d’avancer ensemble sur la défense antimissile, les capacités de longue portée, les systèmes d’alerte précoce, et tout ce que nous pouvons développer ensemble dans le domaine spatial. » Foto-kallerna, Wikimedia commons.