La France pousse l’Union européenne à limiter la volatilité des prix sur son marché du carbone en introduisant une fourchette de prix fixe, selon un document gouvernemental consulté
par Reuters.
Le Système d’échange de quotas d’émission (SEQE) de l’UE est le principal outil du bloc pour réduire les émissions de carbone. Il oblige les producteurs d’électricité et les entreprises industrielles à acheter des permis pour chaque tonne de CO2 émise, créant ainsi une incitation financière à réduire la pollution et finançant des projets écologiques. Toutefois, des pays comme la Pologne ont critiqué ce système, estimant que la spéculation provoque des fluctuations erratiques des prix.
La France renouvelle ses préoccupations concernant cette volatilité et prévoit de proposer une solution lors d’une réunion à huis clos des ministres de l’UE jeudi. La proposition prévoit la création d’un « corridor de prix » pour le SEQE — fixant des seuils de prix minimum et maximum — afin de garantir des coûts du carbone plus prévisibles.
Un document gouvernemental français appelle à aligner ce corridor sur les objectifs climatiques de l’UE et suggère de revoir la Réserve de Stabilité du Marché du SEQE pour corriger les défauts de sa conception actuelle.
La ministre française de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher, a déclaré depuis Bruxelles que l’UE devait fournir des signaux de prix à long terme pour aider les entreprises à planifier et à s’adapter en conséquence.
La France cherche à rallier le soutien d’autres États membres, et selon des sources, des pays comme la République tchèque seraient déjà favorables à cette proposition.
La Commission européenne a refusé de commenter. Le SEQE ne doit pas faire l’objet d’un examen formel avant 2026.
Les prix du carbone dans le cadre du SEQE tournent actuellement autour de 70 € la tonne, en baisse par rapport aux sommets de plus de 100 € atteints en 2023. Les prix ont brièvement dépassé les 80 € plus tôt cette année, mais ont chuté en parallèle à la baisse des prix du gaz. Les analystes prévoient toutefois que les prix du carbone pourraient à nouveau dépasser les 100 € la tonne d’ici la fin de la décennie, à mesure que le nombre de permis disponibles diminue.